Xabi Alonso n’entraîne plus le Real Madrid. L’annonce est tombée un lundi glacial de janvier, comme un couperet. Sept mois après son arrivée, la Casa Blanca a choisi de tourner la page, brutalement, sans retour possible.

Le Real Madrid et Xabi Alonso ont officialisé une séparation d’un commun accord. Derrière cette formule policée, se cache un divorce sous tension. Et ce n’est pas tout. Cette décision révèle les failles profondes d’un projet pourtant ambitieux.
Une annonce officielle qui secoue Madrid
Xabi Alonso n’entraîne plus le Real Madrid depuis le 11 janvier 2026. Le club a publié un communiqué sobre, presque clinique. La direction évoque une décision partagée, respectueuse, alignée sur l’intérêt commun.
Dans les faits, le timing interpelle. La défaite en finale de la Supercoupe d’Espagne contre le FC Barcelone, perdue 3 buts à 2 en Arabie saoudite, a servi de détonateur. Le Real avait pourtant récupéré Kylian Mbappé, de retour après une blessure au genou. Mais l’équipe n’a pas su basculer.
Florentino Pérez n’a pas attendu. À Madrid, l’échec se paie comptant. Même quand il concerne une légende du club.
Un mandat court, un bilan trompeur
Xabi Alonso n’aura dirigé le Real Madrid que sept mois et demi. Un laps de temps dérisoire à ce niveau. Pourtant, les chiffres bruts ne racontent pas une débâcle.
En 34 matchs, le technicien basque affiche 24 victoires, 4 nuls et 6 défaites. L’équipe a inscrit 73 buts, en a concédé 37. Statistiquement, le rendement reste solide. Mais le Real Madrid ne vit pas de moyennes.
Le contenu, lui, a souvent inquiété. Le jeu manquait de contrôle dans les temps faibles. La gestion des fins de match posait question. Les automatismes espérés n’ont jamais réellement émergé.
Pourtant, Xabi Alonso arrivait avec une réputation d’architecte tactique. Son passage à Leverkusen avait marqué l’Europe. Invaincu durant 42 matchs, triple vainqueur de trophées, il incarnait une promesse.
À Madrid, cette promesse s’est fissurée trop vite.
Vestiaire sous tension et autorité contestée
Très tôt, des signaux faibles ont émergé. Puis les tensions sont devenues visibles. Xabi Alonso n’a jamais totalement pris le vestiaire.
Plusieurs cadres, dont Vinicius Junior, Rodrygo, Fede Valverde et Endrick, ont exprimé des réserves. Pas publiquement. Mais le malaise était perceptible. Les méthodes, jugées rigides, ont divisé.
L’épisode du 7 décembre contre le Celta Vigo a marqué un point de rupture. Défaite 2 à 0. Après le match, Xabi Alonso ne se présente pas dans le vestiaire. À l’intérieur, l’ambiance dégénère. Des objets volent. Les joueurs s’accusent mutuellement. Certains critiquent l’arbitrage, d’autres le manque d’engagement.
Cette absence symbolique a choqué. À Madrid, l’entraîneur doit affronter les tempêtes. Se soustraire est perçu comme une faiblesse.
À plusieurs reprises ensuite, Alonso a esquivé les médias après des revers. Une posture mal comprise, mal acceptée.
Blessures, pression et contexte défavorable
Mais attention. Réduire cet échec à un problème d’autorité serait trop simple. Le contexte a lourdement pesé.
Le Real Madrid a enchaîné les blessures majeures. Éder Militão, David Alaba, Ferland Mendy, Dani Carvajal, Trent Alexander Arnold ont manqué de longs mois. La stabilité défensive a explosé.
Xabi Alonso a dû bricoler. Changer sans cesse ses associations. Adapter son plan. Perdre des repères. À ce niveau, l’improvisation se paie cher.
La pression, elle, n’a jamais faibli. Succéder à Carlo Ancelotti reste un exercice périlleux. L’Italien avait quitté le club après une saison décevante, mais son aura demeurait intacte.
Alonso devait incarner la continuité et la rupture. Héritier du passé, porteur d’un futur. Cette double exigence a pesé.
Dès décembre, certains médias espagnols évoquaient une situation fragile. Un match contre Alavés était présenté comme décisif. Malgré une victoire 3 à 0, le doute persistait.
À Madrid, gagner ne suffit pas toujours.
Le choix immédiat d’Álvaro Arbeloa
Quelques heures après l’annonce, le Real Madrid a dégainé. Álvaro Arbeloa a été nommé entraîneur de l’équipe première. Une transition express, assumée.
Ancien défenseur emblématique du club, Arbeloa connaît la maison. De 2009 à 2016, il a disputé 238 matchs sous le maillot blanc. Son palmarès parle pour lui.
Deux Ligues des champions. Une Liga. Deux Coupes du Roi. Une Supercoupe d’Europe. Une Coupe du monde des clubs. Avec l’Espagne, il a tout gagné.
Mais surtout, Arbeloa a gravi les échelons internes. Depuis 2022, il dirigeait le Juvenil A, avec un triplé historique en 2023. Depuis juin 2025, il était à la tête du Castilla.
Ce choix rassure. Il incarne la culture maison. La discipline. Le respect du cadre. À court terme, le Real privilégie la stabilité émotionnelle.
Reste à savoir si l’ancien latéral possède l’envergure tactique pour durer.
Xabi Alonso, une légende fragilisée mais respectée
Le communiqué du club insiste sur l’affection des supporters. Xabi Alonso reste une légende. Son passage comme joueur, entre 2009 et 2014, demeure intact dans la mémoire collective.
Champion d’Europe. Métronome du milieu. Leader discret. Son héritage n’est pas effacé.
Mais cette expérience madrilène laisse des traces. Pour la première fois, Alonso échoue frontalement. Son image d’entraîneur intouchable se fissure.
Pourtant, son parcours reste remarquable. Real Sociedad B, équipe première, Bayer Leverkusen. Partout, il a imposé une identité.
Madrid n’est pas une étape comme les autres. C’est un juge impitoyable. Même les meilleurs y trébuchent.
Xabi Alonso n’entraîne plus le Real Madrid. Mais sa trajectoire ne s’arrête pas ici. L’Europe observe. Les bancs se libèrent vite. Et les idées fortes finissent toujours par revenir.
La suite s’écrira ailleurs. Peut être plus loin du tumulte madrilène. En attendant, le Real Madrid ouvre un nouveau chapitre, sous haute tension, avec un autre ancien de la maison.
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