À Marseille, l’histoire entre Roberto De Zerbi et l’OM s’achève brutalement. Le dossier de Zerbi OM cristallise les frustrations sportives, les tensions internes et un pari financier très lourd. Retour complet sur une séparation qui marque un tournant stratégique pour le club phocéen.
L’annonce est tombée tard dans la nuit, presque à huis clos. Un communiqué sec, factuel, qui acte la fin d’une collaboration née à l’été 2024. Pourtant, derrière cette formule officielle d’un commun accord, la réalité est plus complexe. Résultats insuffisants, vestiaire fracturé, coût colossal, perte d’adhésion. Le dossier de Zerbi OM concentre toutes les contradictions d’un projet ambitieux qui n’a jamais trouvé sa stabilité.

Un mariage à haut risque financier dès l’été 2024
Quand Roberto De Zerbi arrive à Marseille, l’enthousiasme est réel. Le technicien italien sort de passages remarqués au Shakhtar Donetsk et à Brighton. Son identité de jeu séduit. Circulation courte, pressing haut, défense à trois, maîtrise technique. L’OM veut franchir un cap dans son projet sportif.
Mais ce choix a un prix. Pour lever sa clause à Brighton, l’Olympique de Marseille négocie une indemnité estimée autour de 5 M€, initialement fixée à 6 M€ après une baisse depuis 16 M€. Le signal est clair. Marseille investit fort sur son entraîneur.
Son contrat court jusqu’en juin 2027. Trois ans, environ 6 M€ bruts par saison. Soit entre 500 000 et 550 000 € bruts mensuels selon les estimations publiées. Dans le paysage de la Ligue 1, hors PSG, c’est un niveau de rémunération exceptionnel. De Zerbi devient l’un des coachs les mieux payés du championnat.
Ce package place immédiatement son passage sous haute pression. Le projet n’est pas seulement sportif. Il est stratégique. Frank McCourt et la direction assument un pari structurant. L’idée est simple. Installer une identité forte, valoriser les joueurs, retrouver la Ligue des champions durablement.
Pourtant, un tel investissement implique des résultats rapides. Et à Marseille, le temps est une denrée rare. Le contexte local ne pardonne pas l’irrégularité.
Un projet de jeu séduisant mais terriblement instable
Sur le terrain, la première saison offre des motifs de satisfaction. L’OM valide une qualification pour la Ligue des champions via le championnat lors de l’exercice 2024 2025. Objectif atteint. Le projet semble sur les rails.
Mais attention. Dès cette période, des signaux d’alerte apparaissent. L’équipe alterne séquences brillantes et trous d’air inquiétants. Elle peut dominer Lens ou Rennes. Puis s’effondrer face à d’autres adversaires.
La saison 2025 2026 amplifie ces contradictions. En Ligue des champions, la phase de Ligue tourne au fiasco. La défaite 3 0 à Bruges agit comme un couperet. L’OM termine 25e, hors du top 24 qualificatif pour les huitièmes. Campagne européenne terminée prématurément.
Ce revers est un choc économique et symbolique. Le projet de Zerbi OM devait installer Marseille sur la scène continentale. Il échoue au premier obstacle majeur.
En Ligue 1, le club reste dans la lutte pour le top 4. Mais l’inconstance devient chronique. L’équipe est décrite comme sans repères, parfois spectaculaire, souvent déséquilibrée. Les principes de jeu exigent une précision extrême. À la moindre faille, le système se fissure.
Et ce n’est pas tout. Le 8 février 2026, le Classique au Parc des Princes tourne à l’humiliation. Défaite 5 0 face au PSG. L’une des plus lourdes de l’histoire récente du club dans ce duel. Ce soir là, tout bascule. Le doute devient fracture.

Le discours du coach, longtemps apprécié pour sa clarté et son exigence, ne suffit plus. Les dirigeants parlent d’un cycle arrivé au bout. La dynamique négative semble incontrôlable.
Bruges, le Parc et la fracture du vestiaire
Au delà des résultats, la rupture est aussi humaine. Plusieurs sources évoquent des tensions importantes dans le vestiaire. Certains joueurs ne comprennent plus les choix tactiques. D’autres contestent les consignes.
Le malaise s’installe progressivement. Les séances vidéo se multiplient. Les ajustements aussi. Mais l’adhésion s’effrite. Un groupe qui doute exécute moins bien. Les circuits de passes deviennent mécaniques. Le pressing perd en intensité.
Après l’élimination européenne et la gifle au Parc, Roberto De Zerbi apparaît fragilisé publiquement. Il admet ne plus avoir d’explications à l’inconstance de son équipe. Ces déclarations sont interprétées comme un aveu d’impuissance. Certains consultants y voient même une manière de provoquer une issue rapide.
Dans les heures qui suivent le 5 0, le coach prend du recul. Il réfléchit à sa part de responsabilité. Il laisse planer l’idée d’une décision rapide. La séparation devient inévitable.
Le dossier de Zerbi OM n’est plus seulement sportif. Il est psychologique. Le message ne passe plus. Or, à ce niveau, l’autorité d’un entraîneur repose sur la confiance collective.
Une rupture officialisée dans la nuit
L’OM publie un communiqué tardif. La collaboration prend fin d’un commun accord. La décision intervient après une réunion interne dans les heures suivant la lourde défaite.
Plusieurs scénarios étaient envisagés. Maintien sous pression. Démission du coach. Rupture négociée. Le frein principal reste financier.
Le licenciement est évalué autour de 8 M€ en tenant compte des salaires restants et des indemnités pour De Zerbi et ses adjoints. D’autres estimations évoquent une fourchette entre 10 et 15 M€ pour rompre l’ensemble du staff. Une somme considérable pour un club hors PSG.
Frank McCourt est décrit comme réticent à payer un tel montant en pleine saison. Cette contrainte explique la phase de flottement. Le club temporise. Il évalue l’impact budgétaire.
Des hypothèses de démission circulent. De Zerbi aurait envisagé de renoncer à une partie de ses 16 mois de salaire restants afin de permettre à ses adjoints d’être indemnisés. Le niveau exact de renoncement n’est pas connu.
Finalement, la direction tranche. Elle estime qu’une réaction forte est indispensable pour relancer la fin d’exercice. Le coût est lourd. Mais l’inaction pourrait l’être davantage.
De Zerbi OM, Le bilan sportif : entre promesse et désillusion
Analyser le passage de Zerbi OM exige nuance et recul. La saison 2024 2025 valide l’objectif majeur. Qualification pour la Ligue des champions. Le projet gagne en visibilité. L’exposition médiatique est réelle.
La deuxième saison est plus contrastée. En Ligue des champions, l’élimination précoce marque un échec net. 25e place finale en phase de Ligue. Sortie avant les huitièmes.
En championnat, l’OM reste dans la course au top 4. Mais l’irrégularité empêche toute sérénité.
Le contraste est saisissant. Le projet promettait un jeu ambitieux, une progression européenne, une identité claire. La réalité montre une équipe instable, parfois brillante, rarement fiable dans les moments clés.
Pourtant, tout n’est pas à jeter. La première saison a rempli l’objectif européen. Le travail tactique a structuré certaines séquences collectives. La question demeure. L’OM a t il offert un cadre et un effectif parfaitement adaptés aux exigences du technicien italien.
Le coût global du pari De Zerbi
Sur le plan financier, l’addition est salée. Indemnité de sortie versée à Brighton autour de 5 M€. Salaire annuel estimé à 6 M€ bruts. Contrat courant jusqu’en 2027.

En cas de rupture, le montant potentiel grimpe entre 8 et 15 M€ selon les estimations. Ce chiffre inclut salaires restants et indemnités pour le staff. Pour un club de Ligue 1 hors PSG, l’impact est majeur.
À cela s’ajoute l’élimination précoce en Ligue des champions. Perte de primes UEFA, de recettes billetterie et de visibilité sponsors. Montants exacts non connus. Mais le manque à gagner est significatif à ce niveau.
La pression populaire menace également les revenus jour de match et le merchandising. L’image de marque est touchée après la défaite 5 0 au Parc. Dans ce contexte, maintenir le statu quo aurait pu aggraver la situation.
Le dossier de Zerbi OM illustre la fragilité des équilibres économiques dans le football français. Un entraîneur à 6 M€ par an implique des performances cohérentes et durables.
De Zerbi OM : Échec total ou pari inachevé
Alors, faut il parler d’échec total. La réponse mérite prudence. La première saison valide un objectif structurant. La deuxième se termine dans le chaos.
Le projet était ambitieux. Peut être trop ambitieux dans un environnement instable. Le vestiaire n’a pas toujours suivi. Les résultats européens ont sapé la crédibilité du discours.
Pourtant, certaines idées tactiques ont marqué le passage de l’Italien. La volonté de construire depuis l’arrière, d’imposer un pressing coordonné, de travailler les circuits intérieurs. Autant d’axes qui ont parfois donné des séquences enthousiasmantes.
Mais à Marseille, l’enthousiasme doit s’accompagner de constance. Les supporters exigent des certitudes. Les dirigeants aussi.
La séparation ouvre une nouvelle page. Elle pose une question centrale. L’OM doit il poursuivre sur une ligne de jeu ambitieuse ou revenir à un pragmatisme plus adapté au contexte local.
Sur Topicfoot.fr, nous analyserons prochainement les profils susceptibles de succéder à Roberto De Zerbi et les choix stratégiques qui s’imposent à la direction marseillaise.
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