Hors-jeu : la FIFA et l’IFAB sur la piste de la loi Wenger

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Le hors-jeu n’a jamais cessé de faire parler. Aujourd’hui, la FIFA et l’IFAB s’apprêtent à rouvrir un dossier brûlant, porté par Arsène Wenger.

Depuis plusieurs saisons, le jeu se tend, les décisions s’étirent, les débats s’enflamment. Dans ce contexte, une idée revient au centre du terrain, prête à bousculer les certitudes.

Hors-jeu : la FIFA et l’IFAB sur la piste de la loi Wenger

Quand le hors-jeu devient un sujet politique du jeu

Le hors-jeu, c’est l’ADN du football. Une règle simple sur le papier, devenue un casse-tête à l’ère du VAR. Chaque week-end, un genou, un orteil ou un nez décident d’un but. Les tribunes râlent, les bancs explosent, les joueurs attendent. Le jeu, lui, patiente.

Et ce n’est pas tout. Cette précision chirurgicale a peu à peu grignoté l’avantage de l’attaquant. Là où l’instinct faisait la différence, la ligne virtuelle tranche désormais sans émotion. C’est ce déséquilibre qu’Arsène Wenger veut corriger.

Depuis 2020, l’ancien manager d’Arsenal occupe le poste de directeur du développement mondial du football à la FIFA. Un rôle stratégique, loin des bancs, mais au cœur des lois du jeu. Wenger observe, analyse, consulte. Puis propose.

La loi Wenger, une idée simple pour un jeu plus fluide

Le principe est limpide. Un attaquant ne serait sanctionné que s’il est entièrement devant le dernier défenseur. Plus question de juger une partie du corps dépassant de quelques millimètres. Tant qu’une zone du corps reste alignée, le jeu continue.

Aujourd’hui, la règle est plus stricte. Une épaule, un genou ou un pied suffisent à annuler une action. Wenger estime que cette lecture a cassé quelque chose. Selon lui, le doute doit profiter à l’attaquant, pas à la ligne virtuelle.

Mais attention. Il ne s’agit pas de supprimer le hors-jeu ni de bouleverser ses fondations. L’objectif est d’en ajuster l’interprétation, pour coller davantage à l’esprit du jeu. Favoriser l’initiative, encourager les appels, relancer le spectacle.

Cette proposition, rapidement surnommée « loi Wenger », s’inscrit dans une logique assumée. Redonner de l’espace aux attaquants, sans désarmer complètement les défenses. Un équilibre fragile, mais recherché.

Hors-jeu : la FIFA et l’IFAB sur la piste de la loi Wenger

Un héritage des années 1990 remis au goût du jour

Cette idée ne sort pas de nulle part. Wenger s’inspire directement d’une réforme majeure adoptée en 1990, après la Coupe du monde en Italie. À l’époque, l’attaquant aligné avec le défenseur n’était plus hors-jeu.

Cette modification avait changé le visage du jeu. Plus de profondeur, plus de buts, plus de prises de risques. Trente-cinq ans plus tard, Wenger estime que le football a besoin d’un ajustement similaire.

Le contexte, toutefois, a changé. Le VAR est passé par là. Les caméras aussi. La précision est devenue obsessionnelle. Là où l’arbitre jugeait à l’œil nu, la technologie dissèque chaque image.

Gianni Infantino, président de la FIFA, a publiquement soutenu cette évolution. Fin décembre 2025, lors du Sommet mondial du sport à Dubaï, il a évoqué cette piste. Selon lui, l’attaquant devra peut-être être complètement devant le défenseur.

Un message clair, envoyé à l’IFAB et aux fédérations. Le débat n’est plus théorique. Il est institutionnel.

Des tests discrets mais riches d’enseignements

Avant toute décision, la FIFA et l’IFAB ont testé. En 2023, des essais ont été menés chez les jeunes, notamment en Italie et en Suède. L’objectif était simple. Observer l’impact réel sur le jeu.

Les résultats ont été jugés encourageants. Plus d’actions menées à terme, moins d’arrêts interminables, des décisions plus rapides. Le jeu n’a pas été dénaturé. Les joueurs se sont adaptés.

Et ce n’est pas tout. Les arbitres ont également trouvé leurs repères. La lecture devient plus claire. L’alignement visuel prime sur la découpe numérique. Une approche plus fluide, compatible avec le VAR.

Car la loi Wenger ne s’oppose pas à la technologie. Elle l’utilise autrement. Le hors-jeu semi-automatisé, testé lors de la Coupe du monde 2022, reste un outil. Mais son interprétation devient plus tolérante.

Un calendrier précis, des enjeux mondiaux

Le dossier avance à pas mesurés. L’IFAB examinera officiellement la proposition lors de sa réunion annuelle, le 20 janvier 2026, à Londres. Une première étape décisive.

Ensuite, la discussion se poursuivra en février, lors de l’Assemblée générale au pays de Galles. C’est là que le sort de la loi Wenger pourrait se jouer.

Si la proposition est adoptée, l’application viserait la saison 2026-2027. Une échéance stratégique. La Coupe du monde 2026 se profile. Introduire une nouvelle interprétation du hors-jeu avant ce rendez-vous serait un signal fort.

Mais attention. Modifier une règle aussi centrale demande du temps. Les fédérations, les ligues, les arbitres devront s’aligner. La pédagogie sera essentielle.

Des critiques déjà bien présentes dans le vestiaire médiatique

Comme toute évolution majeure, la loi Wenger divise. Jamie Carragher a exprimé ses réserves. L’ancien défenseur craint un effet pervers. Selon lui, les équipes pourraient défendre plus bas, accentuant les blocs compacts.

Une inquiétude partagée par certains observateurs. Sur les réseaux, notamment Reddit, les débats s’enchaînent. Beaucoup évoquent un risque de nouvelles polémiques. D’autres pointent la nécessité d’un réapprentissage complet.

Les joueurs devront recalibrer leurs appels. Les défenseurs revoir leurs alignements. Les arbitres ajuster leur lecture. Un chantier collectif.

Wenger, lui, assume. Il affirme que cette règle augmenterait le nombre de buts. Selon lui, le spectacle a perdu de sa spontanéité avec la précision extrême du VAR. Restaurer un équilibre devient urgent.

Le football à la croisée des chemins

Derrière cette proposition, une question plus large se pose. Quel football veut-on voir demain ? Un jeu figé par la technologie ou un sport vivant, imparfait, mais lisible ?

La FIFA et l’IFAB avancent prudemment. Elles savent que toucher au hors-jeu, c’est toucher au cœur du jeu. Mais elles savent aussi que le statu quo n’est plus tenable.

La loi Wenger n’est pas une promesse. C’est une piste. Une tentative de réconcilier justice, rythme et spectacle. Le débat ne fait que commencer.

Et tandis que les décideurs affûtent leurs arguments, une autre question attend déjà dans les couloirs : jusqu’où la technologie doit-elle aller pour arbitrer le football de demain ?

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A propos Lionel P 110 Articles
Je m'appelle Lionel et depuis toujours, le sport occupe une place essentielle dans ma vie. Mais c’est le football qui nourrit ma passion la plus profonde. Je n’ai jamais considéré ce sport comme un simple jeu, car il représente pour moi une véritable école de vie, de collectif, de passion et de dépassement de soi. J’aime suivre les grands championnats européens et découvrir les nouveaux talents qui émergent saison après saison. Cette passion naturelle pour le ballon rond m’a conduit à rejoindre Florent et l’équipe éditoriale de Topicfoot. J’y partage mes recherches sur les grandes figures qui ont marqué l’histoire du football et des écris sur les moments fondateurs qui ont façonné ce sport le tout à travers des articles réguliers et variés. Je m’intéresse aussi avec curiosité aux évolutions tactiques, technologiques ou culturelles qui transforment constamment le paysage du football moderne. Écrire sur ce sport est pour moi une manière d’allier plaisir, exigence et curiosité. Le football possède une richesse qui dépasse largement le cadre du terrain, et j’éprouve un réel plaisir à en explorer toutes les dimensions, des légendes d’hier aux innovations d’aujourd’hui, afin d’offrir aux lecteurs de Topicfoot un regard sincère, documenté et passionné. Alors bonne lecture à tous !!