À seulement 19 ans, la progression de Senny Mayulu s’impose comme l’un des récits majeurs du PSG version Luis Enrique. Formé au club, le milieu offensif incarne une réussite interne devenue centrale dans le projet parisien. Son ascension rapide raconte aussi une transformation profonde de l’identité sportive du club.

La scène est encore fraîche dans les mémoires parisiennes. Munich, 31 mai 2025, finale de Ligue des Champions. Le PSG écrase l’Inter Milan. Et dans le vacarme, un visage juvénile surgit. Senny Mayulu entre, frappe, marque. Le symbole est immédiat. Pourtant, cette image n’est pas un accident. Elle est l’aboutissement d’un processus méthodique, patient et assumé.
Des racines solides avant l’explosion parisienne
Né le 17 mai 2006 au Blanc Mesnil, Senny Mayulu grandit en Seine Saint Denis. Son parcours débute à l’US Saint Denis avant de s’affiner à l’AF Épinay sur Seine. Le football y est brut, formateur, exigeant. Très tôt, son entourage évoque un joueur calme, déjà structuré mentalement. Son père Landu, décrit comme une figure d’équilibre, joue un rôle central dans son développement personnel.
Le PSG repère Mayulu en catégorie U13. Nous sommes en 2018. Il n’a alors que 12 ans. Le club mise sur son intelligence de jeu, sa coordination et sa capacité à lire les espaces. Durant sept années, il progresse sans brûler d’étapes. Pourtant, en interne, les éducateurs parlent déjà d’un profil différent. Certains disent même qu’il semble fait de pierre tant son sang froid impressionne.
Cette formation longue explique beaucoup de choses. Elle permet à Mayulu de comprendre très tôt les exigences tactiques du haut niveau. Elle forge aussi une discipline rarement visible à cet âge. Rien n’est laissé au hasard. Et ce n’est pas tout.

Luis Enrique, catalyseur d’une progression maîtrisée
L’arrivée de Luis Enrique change la trajectoire de nombreux jeunes parisiens. Senny Mayulu en est l’un des exemples les plus aboutis. Dès novembre 2023, alors qu’il n’a pas encore 18 ans, il s’entraîne avec le groupe professionnel. Le message est clair. Le coach espagnol croit en lui.
Le 7 janvier 2024, Mayulu débute officiellement contre Revel en Coupe de France. Le score est large, l’adversaire modeste, mais l’intégration est réelle. Puis vient la Ligue 1 face à Montpellier en mars. Le processus est progressif, contrôlé, assumé. Luis Enrique ne brûle rien. Il observe, ajuste, corrige.
Le technicien espagnol parle souvent de caractère. Chez Mayulu, il souligne une force mentale rare. Il insiste sur sa capacité à accepter un rôle réduit sans jamais relâcher l’intensité. Aux entraînements, le jeune Parisien est irréprochable. Même lorsqu’il joue moins, il reste concentré. Pourtant, cette patience finit par payer.
Polyvalence tactique, arme absolue du projet Enrique
La progression de Senny Mayulu repose sur une donnée clé. Sa polyvalence. Sous Luis Enrique, il joue presque partout. Milieu offensif, relayeur, ailier, faux neuf, latéral droit, parfois même latéral gauche. Chaque position devient un apprentissage. Chaque match enrichit sa lecture du jeu.
Face à Monaco en 2025, Mayulu est aligné latéral droit. Une surprise totale. Mais il répond présent. Placement juste, intensité défensive, relance propre. Quelques mois plus tard, contre Rennes, il évolue à gauche. Même sérénité. Cette capacité à s’adapter rend le PSG imprévisible. Elle offre aussi au coach une liberté stratégique précieuse.
Luis Enrique l’explique clairement. Utiliser Mayulu en faux neuf permet d’étirer les blocs. Ses appels ouvrent des espaces. Sa technique sécurise la possession. Sa finition fait la différence. D’ailleurs, tous ses buts sont inscrits à l’intérieur de la surface. Aucun hasard ici. C’est le fruit d’un positionnement intelligent.
Mais attention. Cette polyvalence ne dilue pas son identité. Mayulu reste avant tout un milieu offensif. C’est là qu’il exprime le mieux sa vision, sa justesse et sa capacité à accélérer le jeu.
La saison 2024 2025, celle du basculement
Les chiffres parlent d’eux mêmes. Lors de la saison 2024 2025, Senny Mayulu dispute 34 matchs toutes compétitions confondues. Il inscrit six buts et délivre trois passes décisives. En Ligue 1, il marque quatre fois en vingt apparitions. En Coupe de France, il participe activement au parcours victorieux. Durant la Ligue des Champions, il change de dimension.
Cinq buts européens. Dont celui de la finale. Entré à la 84e minute, il scelle le score face à l’Inter. Son cinquième but conclut une soirée historique. À 19 ans et 14 jours, il devient le troisième plus jeune buteur en finale de Ligue des Champions. Une performance inédite depuis trente ans.
La célébration contraste avec son attitude habituelle. Habituellement placide, presque froid, Mayulu laisse éclater une émotion brute. Ce soir là, le rêve d’enfant devient réalité. Jouer, marquer, gagner avec le PSG. Le symbole est fort. Et pourtant, ce n’est qu’un début.
Un mental d’élite façonné dans la discrétion
Au centre de formation, certains observateurs disaient qu’il ne tremblait jamais. Senny Mayulu impressionne par son contrôle émotionnel. Même sous pression, il reste lucide. Il parle peu. Il observe beaucoup. Cette force mentale devient une arme dans les moments clés.
Lui même l’assume. Il évoque un caractère forgé dans la difficulté. Une capacité à ne jamais lâcher. Presnel Kimpembe joue un rôle de mentor. Ousmane Dembélé aussi. Mais l’équilibre familial reste central. Son père veille. Il canalise. Il protège.
Ce mental explique aussi sa régularité. Peu de déchets. Peu de matchs ratés. Même lorsque le rythme s’accélère, Mayulu reste dans le tempo collectif. C’est précisément ce que recherche Luis Enrique. Des joueurs fiables, disciplinés, adaptables.
Mayulu et Zaïre Emery, deux trajectoires parallèles
La comparaison est inévitable. Warren Zaïre Emery et Senny Mayulu incarnent la nouvelle génération parisienne. Formés au club, intégrés jeunes, responsabilisés tôt. Pourtant, leurs profils diffèrent. Zaïre Emery domine par sa puissance et son volume. Mayulu impressionne par sa polyvalence et son impact offensif direct.
Certains observateurs estiment même que Mayulu influence davantage le jeu offensif au même âge. Ses buts en Ligue des Champions renforcent cette perception. Pourtant, le club refuse toute opposition interne. Les deux joueurs s’inscrivent dans le même projet collectif.
Luis Enrique ne veut plus d’un PSG dépendant d’individualités hors sol. Il construit un groupe jeune, discipliné, affamé. Mayulu incarne parfaitement cette philosophie.
La confiance du club et l’avenir sécurisé
En mai 2024, Senny Mayulu signe son premier contrat professionnel jusqu’en 2027. Très vite, le PSG enclenche une prolongation. Les discussions débutent à l’automne 2025. Objectif clair. Le verrouiller jusqu’en 2030. Certaines sources évoquent 2029. Les détails restent à préciser.
Cette prolongation traduit une volonté forte. Le PSG ne veut plus laisser filer ses talents. Mayulu est perçu comme un futur cadre. Sa revalorisation salariale accompagne ce statut. Derrière cette signature se cache une vision à long terme. Celle d’un club qui mise sur sa formation.
Une trajectoire qui redéfinit l’identité parisienne
La progression de Senny Mayulu dépasse le simple cadre individuel. Elle symbolise une transformation structurelle. Sous Luis Enrique, le PSG change de visage. Moins de stars planétaires. Plus de joueurs formés, engagés, disciplinés.
Mayulu devient une source d’inspiration pour les jeunes titis. Il montre que le chemin existe. Qu’il est possible de réussir sans bruit. Par le travail, la patience et la confiance.
Et ce n’est pas tout. Sa saison 2025 2026 confirme cette tendance. Dix neuf matchs, trois buts, trois passes décisives. Un temps de jeu mieux maîtrisé. Une efficacité constante. La trajectoire reste ascendante.
Le PSG avance. Mayulu aussi. Et l’histoire ne fait que commencer.
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