À Turin, un numéro 10 attire désormais tous les regards. Kenan Yıldız incarne l’espoir, la créativité et la projection vers l’avenir de la Juventus. À seulement 20 ans, son nom s’impose déjà comme une évidence dans le paysage européen.

Une trajectoire précoce forgée entre rigueur allemande et flair turc
Kenan Yıldız n’est pas un talent apparu par hasard. Né à Ratisbonne en mai 2005, il grandit dans un environnement biculturel structurant. Un père turc créatif. Une mère allemande disciplinée. Selon son agent, cet équilibre façonne son identité footballistique. Très tôt, le ballon devient un prolongement naturel. Les clubs locaux servent de tremplin. Puis le Bayern Munich frappe à sa porte en 2012. Il n’a que sept ans.
À Munich, tout s’accélère. La formation bavaroise affine son toucher, son intelligence de jeu, sa relation au tempo. À dix ans, Adidas le sponsorise déjà. Un signe rare. Un message clair. Le potentiel est identifié. Pourtant, en 2022, Kenan Yıldız prend une décision forte. Il quitte le Bayern libre. Plusieurs géants européens sont intéressés, Barcelone compris. Mais c’est la Juventus qui le convainc. Le 12 juillet 2022, il rejoint Turin. Le projet le séduit. La perspective aussi.
La Juventus comme révélateur d’un talent total
Les débuts se font sans précipitation. D’abord avec la Juventus Next Gen en Serie C. Un laboratoire idéal. Le jeune Turc y apprend la dureté du football senior. Les duels. Les espaces réduits. L’exigence tactique italienne. Puis arrive l’équipe première. Le 20 août 2023, contre l’Udinese, il dispute son premier match de Serie A. Victoire quatre zéro. Sept jours plus tard, la Juventus prolonge son contrat jusqu’en 2027. Le signal est fort.
La saison 2023 2024 marque son installation. Trente deux apparitions. Quatre buts. Deux passes décisives. Des chiffres modestes, mais un impact croissant. La saison suivante confirme l’évolution. Quarante sept matchs. Huit buts. Dix passes décisives. Kenan Yıldız devient un rouage essentiel. En 2025 2026, l’explosion est nette. Vingt six apparitions déjà. Huit buts. Sept passes décisives. Son influence dépasse les statistiques.
Le point culminant arrive en Ligue des Champions. Le 17 septembre 2024, contre le PSV Eindhoven, il marque. À dix neuf ans et cent trente six jours, il devient le plus jeune buteur de l’histoire de la Juventus dans la compétition. Il efface Alessandro Del Piero des tablettes. Un symbole puissant. Le numéro 10 change d’époque, mais la lignée perdure.
Un style de jeu rare, entre maîtrise et audace
Sur le terrain, Kenan Yıldız respire le calme. Son contrôle de balle impressionne. Allegri le soulignait déjà. Difficile de trouver un joueur qui contrôle le ballon ainsi. Ambidextre, il élimine des deux pieds. Il varie les rythmes. Il sait temporiser. Puis accélérer. Son dribble est une arme. Son jeu entre les lignes désorganise les blocs.
Sa polyvalence est un atout majeur. Milieu offensif. Ailier gauche. Ailier droit. Second attaquant. Il peut même dépanner en pointe. À la Juventus, il est souvent ce couteau suisse offensif capable de débloquer une situation. Sa frappe de balle est précise. Enroulée. Plongeante. Il marque des buts de qualité, rarement anodins.
Mais attention. Tout n’est pas encore parfait. Les duels aériens restent un point faible. Sa constance fluctue encore. Luciano Spalletti insiste sur sa lecture des moments clés. Quand percer. Quand jouer simple. Défensivement, l’apprentissage se poursuit. Pourtant, sa marge de progression rassure. Sa discipline aussi. Aucun carton jaune. Aucun rouge cette saison. Un détail révélateur.
Le poids du numéro 10 et la confiance des entraîneurs
Porter le numéro 10 à la Juventus n’est jamais neutre. Del Piero. Baggio. Tevez. Dybala. Des références lourdes. Kenan Yıldız assume. Spalletti l’a dit clairement. Il est notre numéro 10. Il doit prendre ses responsabilités. Le technicien italien parle même d’un lien filial. Une relation de confiance totale.
Avant lui, Allegri voyait déjà un joueur de très haut niveau. Thiago Motta saluait son altruisme et son sens collectif. Trois entraîneurs. Trois profils différents. Un même constat. Kenan Yıldız apporte quelque chose de spécial. Il change le cours d’un match. Il comprend le jeu. Il progresse vite.
En sélection, le choix de la Turquie confirme son identité. Il aurait pu jouer pour l’Allemagne. Il a choisi le cœur. Dès 2023, il débute avec les A. Il marque contre l’Allemagne lors de sa première titularisation. Ironie savoureuse. À l’Euro 2024, il participe à l’épopée turque jusqu’en quart de finale. Aujourd’hui, il compte vingt huit sélections. Six buts. Un rôle central dans les éliminatoires du Mondial 2026.
Un avenir sous tension entre prolongation et convoitises
Forcément, les performances attirent. Le Real Madrid suit le dossier avec insistance. Xabi Alonso le connaît depuis le Bayern. Selon son agent, il serait prêt à bouleverser son effectif pour le recruter. Seul Mbappé serait intouchable. Arsenal, Liverpool et Manchester United sont aussi à l’affût. La valeur marchande de Kenan Yıldız atteint désormais soixante quatorze millions d’euros. Le Real évoque même un seuil à cent millions.
À Turin, la Juventus tente d’anticiper. Une prolongation jusqu’en 2031 est sur la table. Salaire proposé de six millions nets annuels. Bonus inclus. Le joueur vise entre six et sept millions. Les discussions sont avancées. Un accord semble imminent. Mais un facteur demeure. La qualification en Ligue des Champions. Actuellement sixième, la Juve joue gros. Kenan Yıldız pourrait conditionner son avenir à ce critère.
Désigné comme pierre angulaire du projet, il incarne le futur bianconero. Sa saison 2025 2026 le confirme. Joueur du mois de Serie A en août. Décisif dès l’ouverture contre Parme. Brillant face au Borussia Dortmund en Ligue des Champions avec un but et une passe décisive. Les chiffres soutiennent l’impression visuelle. Huit buts. Sept passes. Trente neuf occasions créées. Une précision de passe supérieure à quatre vingt trois pour cent.
Et ce n’est pas tout. Son influence dépasse le terrain. Il symbolise la transition d’une Juventus en reconstruction vers une équipe ambitieuse. Plus jeune. Plus technique. Plus imprévisible. Kenan Yıldız n’est plus une promesse. Il est une réalité en train de s’imposer. Pourtant, l’histoire ne fait que commencer.
Voir aussi notre article sur : Kota Takai, la nouvelle pépite japonaise à Mönchengladbach
