Comprendre comment un club de football gagne réellement de l’argent, c’est entrer dans les coulisses d’une industrie à 12,4 milliards d’euros pour les 20 plus grands clubs mondiaux. Derrière les buts et les tifos, les bilans financiers dictent les ambitions. Et en France, ce modèle vacille plus que jamais.

Le football n’est plus seulement un sport. C’est une architecture économique complexe, sous tension permanente. Pour saisir comment un club de football gagne réellement de l’argent, il faut disséquer chaque flux, chaque prime, chaque contrat.
Les droits audiovisuels, colonne vertébrale sous pression
Pendant deux décennies, les droits TV ont été le socle du financement. Diffusion nationale, ventes internationales, primes UEFA, tout converge vers cette manne audiovisuelle.
Selon le Deloitte Football Money League 2026, les 20 clubs les plus riches ont généré 4,7 milliards d’euros via les droits audiovisuels, soit environ 38% de leurs recettes totales. C’est massif. Mais fragile.
En France, la crise est brutale. Après l’épisode Mediapro, l’accord avec DAZN pour environ 500 millions d’euros bruts annuels s’est effondré. Résultat, pour 2025-2026, les clubs de Ligue 1 se partagent seulement 80,5 millions d’euros domestiques. Certains perçoivent à peine entre 1,44 et 4,67 millions d’euros.

Pour comprendre comment un club de football gagne réellement de l’argent, il faut donc regarder vers l’Europe. La Ligue des champions de l’UEFA distribue 2,467 milliards d’euros en 2025-2026. Chaque club qualifié reçoit 18,62 M€ d’entrée. Ensuite, 2,1 M€ par victoire, 700 000 € par nul. Les phases finales rapportent 12,5 M€ en huitièmes, 15 M€ en quarts, 18,5 M€ en demi-finales, 25 M€ au vainqueur.
Lors de la saison 2024-2025, le Paris Saint-Germain a encaissé environ 144 millions d’euros grâce à la compétition. Pour certains clubs français, ces primes dépassent 1,5 fois leur budget annuel.
Mais attention. Les droits TV ne suffisent plus. Le modèle doit se diversifier.
Comment un club de football gagne de l’argent : Le sponsoring et le commerce, nouvelle première source
Aujourd’hui, la première source de revenus des géants européens n’est plus la télévision. Ce sont les revenus commerciaux. 5,3 milliards d’euros cumulés pour le top 20 mondial, soit environ 43% du total.
Le Real Madrid illustre cette puissance. En 2024-2025, il a généré 594 millions d’euros de revenus commerciaux. À lui seul, ce montant l’installerait dans le top 10 mondial.
Le sponsoring maillot, l’équipementier, les partenariats régionaux, les activations digitales, tout compte. Le Bayern Munich a bâti un modèle stable avec Deutsche Telekom, Adidas, Audi et Allianz, chacun détenant 8,33% du capital.

Le naming de stade est un autre levier. Le FC Barcelone perçoit environ 20 M€ par an via le Spotify Camp Nou. Pourtant, seulement 27% des clubs des cinq grands championnats exploitent ce potentiel.
Et ce n’est pas tout. Le merchandising explose lors des pics sportifs. Avant la finale de Ligue des champions 2024-2025, les ventes du PSG ont bondi de 180%, avec des acheteurs issus de 103 pays.
Les licences vidéoludiques renforcent encore la machine. L’accord exclusif entre EA Sports et la Premier League avoisine 600 millions de dollars. Même si les montants individuels restent confidentiels, l’exposition mondiale nourrit la valeur de marque.
Ainsi, comprendre comment un club de football gagne réellement de l’argent impose d’analyser la puissance commerciale de sa marque.
La billetterie, le stade comme centre de profit
La billetterie ne se limite pas au ticket d’entrée. Abonnements, hospitalités, loges VIP, restauration, visites de musée, tout s’additionne.
Le PSG génère environ 7,3 M€ par match au Parc des Princes, soit près de 152 € par siège. Une performance tarifaire exceptionnelle.
Mais le modèle ultime reste celui du Stade Santiago Bernabéu. Après 1,347 milliard d’euros de rénovation, le stade génère environ 400 millions d’euros par an. Plus d’un million par jour.

Les matchs rapportent environ 250 M€. Les loges VIP environ 83 M€. Le musée 75 M€. Le retail interne 50 M€. Les événements hors football peuvent dépasser 100 M€ annuels.
Un match NFL en novembre 2025 aurait rapporté 8 à 10 M€ à lui seul. La pelouse rétractable permet une polyvalence maximale.
Pour comprendre comment un club de football gagne réellement de l’argent, il faut voir le stade comme une infrastructure financière. Plus seulement un théâtre sportif.
Le trading de joueurs, art de la plus-value
Certains clubs vivent du marché des transferts. Acheter bas, revendre haut. Former, valoriser, céder.
Depuis 2000, le Benfica Lisbonne affiche environ 871 M€ de plus-value nette. Le FC Porto suit avec 732 M€. L’Ajax Amsterdam avec 677 M€.
En France, le LOSC Lille a généré environ 561 M€ de bénéfices nets depuis 2000. Nicolas Pépé acheté 10 M€, revendu 80 M€. Victor Osimhen acheté 12 M€, revendu environ 70 M€.
Le mécanisme de solidarité de la FIFA redistribue 5% du montant d’un transfert aux clubs formateurs entre 12 et 23 ans. Le CO Les Ulis a perçu 250 000 € lors du transfert d’Anthony Martial à Manchester United.
Chaque transaction devient donc une ligne stratégique. Le trading finance parfois les pertes d’exploitation.
Digital, multipropriété et nouveaux leviers
Le digital progresse rapidement. Morgan Stanley estime que les revenus numériques du sport pourraient croître de 130 milliards de dollars. Les plateformes OTT, comme Ligue 1+, cherchent un modèle direct au consommateur.

Les sites officiels et applications génèrent plus du double de revenus comparés aux réseaux sociaux. YouTube et Instagram restent dominants pour l’engagement.
La multipropriété transforme aussi l’écosystème. Près de 300 clubs appartiennent à environ 200 groupes. Le City Football Group contrôle Manchester City et 12 autres clubs. Red Bull opère Leipzig, Salzbourg et d’autres entités.
Synergies de scouting, mutualisation commerciale, circulation interne des talents, tout optimise la rentabilité.
Les Personal Seat Licences complètent le tableau. Le Real Madrid a levé 70 M€ via 475 sièges premium longue durée. Le Barça environ 100 M€ via 300 sièges VIP.
Ainsi, comment un club de football gagne réellement de l’argent dépend aussi de sa capacité d’innovation structurelle.
Le fair-play financier, cadre et limites
Depuis 2011, l’UEFA encadre les dépenses via ses règles de viabilité financière. Le déficit autorisé est limité à 5 M€ sur trois exercices, sauf apport propriétaire plafonné à 60 M€. Les frais d’équipe ne doivent pas dépasser 70% des revenus à partir de 2025.

Les sanctions peuvent aller jusqu’à l’exclusion européenne. Pourtant, certains clubs exploitent l’amortissement comptable des transferts ou valorisent fortement leurs contrats de sponsoring.
Le modèle reste donc sous surveillance permanente.
Comment un club de football gagne de l’argent : Le paradoxe français
Le football professionnel français cumule environ 1,2 milliard d’euros de déficit d’exploitation. Les transferts ont partiellement comblé 830 millions d’euros la saison passée. Mais au prix d’une fuite massive des talents.
Le PSG fait figure d’exception avec 837 M€ de chiffre d’affaires. Sponsoring 282 M€, droits audiovisuels 178 M€, billetterie 168 M€, merchandising 39 M€.
Mais hors PSG, la dépendance aux droits TV et aux ventes fragilise l’écosystème.
Comprendre comment un club de football gagne réellement de l’argent, c’est accepter cette tension permanente entre performance sportive et équilibre financier.
Et demain, l’arrivée de nouveaux investisseurs, l’explosion du digital et la reconfiguration des droits médias pourraient rebattre toutes les cartes.
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